Article du site La Grande Guerre et le Limousin du 30 novembre 2014, Luc Fessemaz.

Le nombre de Morts pour la France nés en Haute-Vienne est en diminution de 20% par rapport à octobre 1914, mais beaucoup de pères de famille sont tombés parmi les territoriaux.

En moyenne le nombre journalier de Morts pour la France de Haute-Vienne est passé de 11 en octobre à 9 en novembre 1914. On partait du niveau très élevé de 43 en août (la moyenne journalière n'est pas très significative car les combats sont concentrés sur deuxième quinzaine du premier mois de conflit) et 42 en septembre. Le massacre continue, mais l'évolution de cet indicateur prouve que les ressources en hommes ont tendance à s'épuiser. Le premier graphique montre que pour les soldats de Haute-Vienne, le jour le plus meurtrier du mois de novembre est le 10 avec 58 morts. Les deux jours suivants comptent encore 18 et 19 morts. A l'opposé, et pour la première fois depuis le 12 août 1914, il n'y a aucun mort de Haute-Vienne le 26 novembre 1914.

MPLF HV novembre 1914 par jour

Après la bataille de la Marne, les combats se sont progressivement déplacés de septembre à novembre vers l'extrémité occidentale de la Belgique, dans un mouvement qualifié de “course à la mer”. Du début du mois d'octobre à fin novembre, se livre une longue bataille, dans un premier temps sur les rives de l'Yser et ensuite dans la région d'Ypres. Lors de cette première bataille d'Ypres, les pertes allemandes portant sur des étudiants volontaires sont énormes face aux britanniques (en particulier à Langemarck). Du côté français, l'exemple des Morts de Haute-Vienne montre que les pertes se concentrent dans les Flandres belges qui représentent près de la moitié des 274 morts (49 %, portion en jaune sur le graphique circulaire). Les affrontements se poursuivent cependant sur l'ensemble du front, le département de la Marne n'est plus le plus meurtrier, mais il vient en seconde position avec 16% des pertes.

MPLF HV novembre 1914 par département

Si l'on rentre dans le détail des lieux de décès (tableau n°2 du fichier Excel téléchargeable), on retrouve la trace de l'héroïsme de fusiliers marins à Dixmude, mais cela ne concerne que quatre militaires de Haute-Vienne. D'autres noms résonnent plus fortement en Belgique : il s'agit de Noordschote (29 morts), de Pipegaele et des rives de l'Yser (13 et 12 morts). Dans la Marne c'est à Jonchery que l'on enregistre le nombre le plus élevé de morts en novembre (19 morts).